vendredi 4 mai 2012
20:30
Projection du film Melek s’en va de Jeanine Meerapfel (RFA, 1985, 88 mn. vostangl) avec Melek Tez.
Melek, une Turque âgée de 38 ans, quitte Berlin-Ouest après y avoir passé 14 années et retourne dans son pays natal. Elle dit elle-même en avoir « ras-le-bol ». Melek ne correspond pas du tout au cliché de la femme turque opprimée. Elle est sûre d’elle, intelligente et réaliste. Des années de tentatives infructueuses, de déceptions, d’humiliations et « d’assimilation forcée » ont fini par ronger cette femme pourtant dynamique et peu encline à se laisser abattre. Chargée de valises et confiante en un avenir meilleur dans son pays d’origine, elle retourne en Turquie. Ce film peint le portrait d’une femme hors du commun, une débrouillarde qui nous oblige à remettre en question notre conception de la femme turque « typique ». Le portrait d’une femme fascinante dans un contexte politique inquiétant. Dans ce portrait semi-documentaire, Jeanine Meerapfel s’inscrit en faux contre tous les clichés et stéréotypes qui pouvaient souvent imprégner à l’époque le jeune cinéma turco-allemand : au lieu de brosser le portrait d’une Turque d’un point de vue allemand, c’est le portrait de l’Allemagne brossé ici du point de vue d’une Turque qui est présenté. Distingué par le Prix INTERFILM au Festival de Berlin 1985.
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Cycle : “Ici / Ailleurs”
Pour ce dernier cycle de l’année universitaire 2011/2012, la Maison Heinrich Heine vous propose un regard croisé sur les relations avec l’autre, avec l’ailleurs – le lieu où l’on n’est pas, avec tout ce qu’il comporte de connaissances nouvelles et d’enseignements. D’une part, on verra des Allemands (et des Autrichiens) qui découvrent ce qui se passe en dehors de leur pays (Road movies à travers l’Europe : Im Juli, en Pologne : Polska Love Serenade, ou encore découverte d’un village turc par une famille autrichienne : Né en Absurdistan). D’autre part, ce sont des étrangers qui arrivent en Allemagne (Marie-moi, une jeune Cubaine débarque à Hambourg) ou ceux qui quittent l’Allemagne après y avoir vécu longtemps (Melek s’en va, une femme turque qui retourne dans son pays). En tout cas, la confrontation des différentes cultures fascine de nombreux cinéastes qui traitent le plus souvent ce sujet délicat avec beaucoup d’humour et d’ironie. Ils sont aussi pleins d’admiration devant les prouesses d’un orchestre symphonique du fin fond de l’Afrique interprétant avec enthousiasme la musique classique allemande (Kinshasa Symphonie). Et, pour finir, c’est le football qui parviendra à réunir tout le monde au-delà des différences (One day in Europe).
Remerciements au Goethe-Institut Lille (Archives du film) et à Interfilm Paris.