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Maison Heinrich Heine
Fondation de l'Allemagne – Maison Heinrich Heine
The Cut (La Blessure)
vendredi 3 novembre 2017
de 20h00 à 22h15

drame de Fatih Akin, France 2014, 135 mn., vostfr
avec Tahar Rahim, Simon Abkarian et Makram Khoury

Anatolie, 1915. Le jeune forgeron Nazaret Manoogian est arraché à sa famille par l’armée turque. Il tente de survivre dans le désert où il est soumis à des travaux forcés et échappe de peu à la mort. Deux ans plus tard, de retour dans son village, il apprend que sa famille a été décimée mais finit par découvrir que ses deux filles sont toujours en vie. Il se lance alors dans une longue odyssée, qui débute en Mésopotamie. Au fil de son enquête, il découvre que ses filles se sont réfugiées à Cuba. Après avoir bravé mille dangers, Nazareth réussit à prendre le bateau pour s’y rendre. Mais ses filles, dont l’une s’est mariée, ne sont plus là...

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Cycle : En mouvement

Si la Terre tourne, que le temps passe, que les hommes changent, le monde témoigne d’un perpétuel mouvement. Du déplacement physique au changement de perceptions, de perspectives, l’homme est un être mobile, flexible, capable de se mouvoir à la fois concrètement et mentalement. Mentalement, car le simple geste de la lecture, de la découverte d’un film, d’une rencontre, peut permettre un voyage à travers le temps, les âges ou les contrées… et ainsi, une ouverture d’esprit, sur l’inconnu comme sur le monde.

La notion de mouvement paraît aujourd’hui plus banale, facile et évidente que la sédentarité et la stabilité. Les frontières ouvertes se franchissent sans réfléchir, les séjours à l’étranger se multiplient avant même que l’on ait atteint sa majorité. La mobilité fait partie de la vie et des mœurs, devenant quasiment une composante culturelle synonyme de liberté, caractéristique de la génération actuelle. Celle d’après-guerre, pourtant, ne connaissait ni année sabbatique, ni frontières ouvertes. L’Europe qu’elle a connue n’était que frontières fermées, passeports, visas et changements de devise. Les films Westwind et Karbid und Sauerampfer témoignent de ce contraste, l’un ayant pour décor l’Allemagne encore divisée de 1988, et l’autre une zone occupée par les Soviétiques après la Seconde Guerre mondiale. De son côté, le projet de 33 courts-métrages Grenzüberschreitungen passe au crible la notion de « franchissement de frontières », révélant lui aussi des réalités bien loin de la liberté d’aujourd’hui.

À plus petite échelle, l’homme est en quête de mouvement, souvent à la recherche de nouvelles aventures et d’expériences loin du quotidien (Nadja et Lisa à Paris, Der Mann, der über Autos sprang) ou d’instants de convivialité, à partager ensemble, avec des proches (Hin und WegLes Poupées russes).

Mais ce mouvement choisi, qui permet voyage et découverte est contrebalancé par des mouvements parfois contraints ou douloureux : l’émigration dans l’espoir d’un avenir meilleur ou la fuite devant son passé (Sin nombre), la course effrénée pour sauver sa peau (Lola rennt) ou encore la marche sur les traces de sa famille (The Cut) ou de ses racines et son identité (Exils, Sound of Heimat).

sans réservation

participation aux frais - 5 € (plein tarif) / 2,50 € (tarif étudiant)