vendredi 24 octobre 2014
20:30
Projection du film Don’t Come Knocking de Wim Wenders (Allemagne, France, É.-U., 2005, 122 mn. vostfr).
Howard Spence (Sam Shepard) a connu des jours meilleurs. Autrefois héros de nombreux westerns, cette ex-gloire du Septième Art ne décroche plus que des rôles secondaires. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même dans l’alcool, la drogue et les femmes. Jusqu’à ce que sa mère lui apprenne qu’il a peut-être un enfant quelque part… Cette idée allume une lueur d’espoir chez Howard : sa vie n’a peut-être pas été aussi vide qu’il le pense. Il part à la recherche de son fils ou sa fille. En revenant sur les traces du passé, il retrouve Doreen (Jessica Lange), qu’il a aimée autrefois, et son fils Earl (Gabriel Mann), un jeune chanteur qui n’a plus besoin de père…
Ce film est l’occasion des retrouvailles de Wim Wenders et de Sam Shepard, qui avaient travaillé 21 ans plus tôt pour Paris, Texas, Wenders en tant que réalisateur et Shepard comme scénariste. Avec Don’t Come Knocking Wim Wenders nous emmène à la recherche du mythe du grand Ouest américain, du sens de la vie et de l’amour. Portée par des personnages troublants, l’histoire conte l’impossible retour en arrière du héros, et, en définitive, l’impossible retour de Paris, Texas.
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Pour inaugurer le nouveau projecteur et le nouvel écran que nous avons pu financer grâce à l’aide du DAAD, le ciné-club programme cet automne six films de Wim Wenders, l’un des représentants les plus connus du Nouveau cinéma allemand qui a émergé au milieu des années 60 et s’est imposé progressivement à l’étranger, avec des classiques comme Paris Texas (1984) et Les Ailes du désir ainsi que quelques films moins connus, tels The End of Violence (1997) et Land of Plenty (2004).
Son œuvre, moins politique que celle de beaucoup de ses homologues, a une forte composante poétique, un fait dont témoigne aussi sa longue collaboration avec l’écrivain et scénariste Peter Handke. Bien que les films de Wenders abordent des sujets très divers, on retrouve à travers toute son œuvre de fiction et documentaire, tel un fil rouge, la représentation de l’espace urbain et rural, l’architecture ainsi que le mouvement dans l’espace et le voyage. Ainsi, le road movie est l’un des genres les plus importants pour Wenders. Son film de diplôme à la Hochschule für Film und Fernsehen de Munich, Summer in the City (1970), évoque dès le titre le thème de la ville, tout comme Alice dans les villes (1974). Tourné sur la côte est des Etats-Unis, à New York, à Amsterdam, à Wuppertal et dans la région de la Ruhr, ce film démontre pour la première fois la perspective globale de Wenders. Treize ans plus tard, les villes restent au centre de l’intérêt de Wenders : dans Les Ailes du désir (1987), il rend hommage à la ville de Berlin et à ses habitants. Il n’est pas étonnant qu’il s’oriente aujourd’hui vers le cinéma en 3D, une technologie qui constitue une autre façon de représenter l’espace au cinéma. Ainsi a-t-il tourné le meilleur film en relief à ce jour, le film de danse Pina (2011), moitié documentaire, moitié film d’hommage à la chorégraphe Pina Pausch, décédée en 2009. Wim Wenders qui travaille non seulement en tant que cinéaste mais aussi en tant qu’auteur et photographe recevra l’Ours d’or d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, à la prochaine édition du Festival international du film de Berlin.
Par ailleurs, comme les années précédentes, nous vous proposons un film muet de l’époque de la République de Weimar. Cet automne, où nous célébrons le 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin (1989), nous rendons hommage à cette ville avec le chef-d’œuvre de Walther Ruttmann Berlin, symphonie d’une grande ville, accompagné au piano par Jorge Garcia Herranz.
Remerciements à Interfilm Paris et à Alexander Graeff