samedi 2 juin 2012
20:30
Baloni est le fruit de la rencontre à Brooklyn du clarinettiste belge Joachim Badenhorst, du violoniste alto franco-japonais Frantz Loriot, et du contrebassiste franco-allemand Pascal Niggenkemper. Tout à l’écoute semble d’abord indiquer que ces musiciens pratiquent une musique entièrement improvisée et que, si surgissent ici et là ostinatos et mélodies, c’est sans préméditation. Puis advient ici et là un ensemble qui ne peut pas ne pas avoir été fixé au préalable. La cohérence du propos et la constance de sa teneur finissent par vous faire douter. Cette musique est l’élan de l’improvisé et la densité de l’écrit. Ces improvisateurs ont des heures de vol en commun derrière eux qui leur ont permis de se constituer un vocabulaire commun. Ils ne se refusent aucun type d’événements (bruitiste ou mélodique, arythmique ou pulsé), nous embarquant avec une palette de timbres qui fait oublier qu’ils ne sont que trois, avec une diversité de propos et une précision de geste qui les tiennent à l’écart des systèmes et des approximations dont ont pu souffrir le free et sa descendance. Jazz ou musique de chambre ? On sait que Badenhorst fait partie du nonette de Tony Malaby, que Pascal Niggenkemper est membre du trio Han Bennink et que Frantz Loriot est venu du classique à l’improvisation, parraîné par Régis Huby, Joëlle Léandre, Barre Philipps et Marc Ducret. Ils en sont dignes, parce qu’ils ne ressemblent qu’à eux-mêmes. Inouï ! (Franck Bergerot, CHOC, Jazzman).


