vendredi 23 mars 2012
09:00 - 13:00
Département de Philosophie de l’Ecole Normale Supérieure, Archives Husserl de Paris
Le pardon de l’impardonnable – c’est au plus tard depuis Vladimir Jankélévitch et Jacques Derrida que ce problème est connu comme l’aporie essentielle du pardon. Mais cette aporie du pardon n’est pas limitée au problème d’une culpabilité pour laquelle aucune punition juridique ne suffirait et aucune définition langagière ne serait adéquate.
Plus profondément, c’est par le langage même que l’affaire du pardon qui devrait être privée, singulière et non-remplaçable devient une scène politique. Alors que les conditions du pardon étaient déterminées dans le discours judéo-chrétien par «la confession de culpabilité» et «la prière du pardon», ces conditions minent la singularité absolue dès leur première articulation qui évoque tant la singularité que la pluralité de la communauté. Alors, la liberté d’un «nouveau commencement», tel que Hannah Arendt avait caractérisé l’acte singulier du pardon, renvoie toujours aussi à la pluralité de la communauté et aux intérêts politiques qui lui sont imposés.
Sur le fond de ces apories du pardon et au-delà d’une simple détermination normative du pardon comme «action morale», reste la difficulté de s’approcher de ce phénomène aporétique d’une manière descriptive. Les questions les plus importantes qui seront posées dans ce colloque franco-allemand sont alors les suivantes: Les paradigmes traditionnels dans le discours du pardon, comment ont-ils changés au 20ème siècle? L’articulation langagière, la représentation médiale, la structure temporelle, la mémoire ainsi que la perspective historico-culturelle, quels rôles jouent-elles dans le discours du pardon?
Les auteurs qui seront importants dans ce contexte sont, entre autres, Friedrich NIETZSCHE, Hermann COHEN, Walter BENJAMIN, Hannah ARENDT, Jean AMÉRY, Vladimir JANKÉLÉVITCH, Jacques DERRIDA, Paul RICŒUR et Emmanuel LEVINAS.
PROGRAMME
Vendredi 23 mars 2012
09h00
Accueil à la Maison Heinrich Heine
09h10
Ouverture du colloque par Christiane Deussen, Directrice de la Maison Heinrich Heine
09h20
Présentation du programme et introduction par Marc Crépon et Verena Rauen
09h30
Olivier Abel, Professeur à l’Institut protestant de théologie, Paris: Les embarras du pardon ordinaire
10h30
Pause-café
11h00
Tobias Nikolaus Klass, Professeur au département de philosophie, Bergische Université de Wuppertal: Force de pardon: le don et la dette
12h00
Frédéric Worms, Professeur au département de philosophie de l’Université de Lille III, Directeur du Centre international d’étude de la philosophie française à l’ENS: Reconnaître l’irréparable
13h00
Déjeuner
15h00
Verena Rauen: Ecole doctorale V de l’Université Paris IV, Sorbonne, Département de philosophie, Ecole doctorale, Ruhr-Université de Bochum: La temporalité du pardon: Cohen et Benjamin
16h00
Jean-Claude Monod, Chargé de recherches au CNRS (UMR 8547), ENS, Archives Husserl de Paris: ‘Pas le pardon, mais la justice’: Jankélévitch et Ricœur entre imprescriptible et réconciliation
17h00
Les intervenants seront invités à un cocktail par Christiane Deussen, Directrice de la Maison Heinrich Heine
Samedi 24 mars 2012
09h30
Danielle Cohen-Levinas
Professeur au département de philosophie de l’Université Paris IV, Sorbonne, Chercheur associé aux Archives Husserl de Paris :Encore notre question
10h30
Thomas Macho, Professeur au département des sciences culturelles, Humboldt-Université de Berlin: Geben und Vergeben. Zur Frage nach dem Verzeihen im Werk Simone Weils
11h30
Pause-café
12h00
Marc Crépon, Directeur du département de philosophie de l’Ecole Normale Supérieure, Archives Husserl de Paris, CNRS: Les langues du pardon: Derrida et Jankélévitch
13h00
Conclusion du colloque par les organisateurs

