vendredi 13 février 2015
20:30
All., 1981, 120 mn., vostfr., avec Hannah Schygulla
Willie, une chanteuse de cabaret allemande, est amoureuse de Robert Mendelsson, un Juif suisse, membre d’une organisation secrète venant en aide aux Juifs voulant fuir l’Allemagne nazie. David, le père de Robert, voit cette relation d’un mauvais œil et cherche à y mettre fin : Willie, voulant participer à une première mission au sein de l’organisation, se retrouve bloquée à Berlin. Par d’incroyables coups du sort, elle y deviendra une grande vedette de l’Allemagne hitlérienne grâce à la chanson Lili Marleen. Mais Robert ne l’a pas oubliée, et part à sa recherche… Fassbinder nous montre un Berlin d’avant-guerre, majestueux et inquiétant, plein de secrets murmurés dans ses coulisses, de velours et de fumée. La guerre gronde, approche, tout tremble dans ce film où chaque visage hésite, chaque geste est retenu, incertain.
***
Cycle : « Berlin [is in Germany] »
janvier-mars 2015
Berlin est une ville-symbole. Elle a traversé le XXème siècle, subissant tous ses traumatismes, et condense en elle toute l’histoire de l’Europe. C’est une ville unique par rapport au reste de l’Allemagne : elle est sa capitale tout en lui étant étrangère. Ses multiples visages évoquent un terrain de jeux en métamorphose perpétuelle. Nous avons choisi pour ce programme des films qui incarnent l’extrême diversité de la métropole tout en suivant le fil d’une Histoire chaque fois racontée d’une manière différente. Tout d’abord, Berlin ville abstraite, toile de fond d’une série de meurtres (M le Maudit, de Fritz Lang), où l’anonymat dissimule l’identité d’un intrus… Qui pourrait être Franz Biberkopf (Berlin Alexanderplatz, de Rainer Werner Fassbinder) lorsqu’il sort de prison et se retrouve dans le Berlin des années vingt. Les Hommes le Dimanche, de Robert Siodmak, est une oeuvre profondément optimiste, quoiqu’elle se situe juste avant l’accession au pouvoir des nazis. Avec Lili Marleen, Fassbinder nous fait découvrir Berlin pendant la guerre, repère de nuit et d’orgies au milieu de la dictature où une femme, par sa voix, enchantera des légions entières de soldats. Sonnenallee, de Leander Haussmann, est un film « ostalgique » (nostalgie de l’Est), ravivant à l’aube du XXIème siècle la fascination pour les années d’avant la chute du Mur. Die allseitig reduzierte Persönlichkeit, film situé lui aussi dans Berlin-Est, mais contemporain de l’époque, dresse un portrait moins utopique de la ville sous la caméra attentive de Helke Sander. La transition entre une Allemagne divisée et contemporaine sera portée par Goodbye Lenin !, qui révèle la difficulté pour les Berlinois de traverser en quelques jours la frontière les séparant. Enfin, Nachtgestalten, d’Andreas Dresen, circule dans un Berlin nocturne aux multiples facettes, et Berlin is in Germany, de Hannes Stöhr, incarne la perte de repères que peut entraîner une visite dans cette ville-monde aujourd’hui, qui semble si souvent renaître de ses cendres. Au sein de ce programme, nous avons le plaisir et l’honneur d’accueillir Joseph Morder, cinéaste français amoureux de Berlin qui a connu les nombreuses métamorphoses de la ville depuis 1968. Joseph Morder présentera ses films, agencés dans un ordre précis dont il a lui-même décidé, et qui retracent, à travers des parallèles avec d’autres villes européennes (Rome, Paris, Madrid…) une passion renouvelée pour la métropole allemande, vers laquelle il ne cesse inlassablement de revenir. (Benjamin Hameury et Tilman Schreiber)
***
Remerciements au Goethe Institut de Lille (archive de films)