vendredi 3 mai 2013
20:30
Projection du film Los olvidados de Luis Bunuel (Mexique, 1950, 80 mn., vostfr).
El Jaibo, un adolescent des rues, s’échappe de la maison de correction et retrouve ses compagnons d’infortune dans leur bidonville de la banlieue de Mexico. Avec Pedro et d’autres enfants, il tente d’attaquer Don Carmelo, un vieil aveugle cruel qui survit en jouant de la musique dans les rues. Quelques jours plus tard, Jaibo, persuadé qu’il a été enfermé à cause d’une dénonciation d’un de ses compagnons, veut se venger de lui. Accompagné de Pedro, il part régler ses comptes, mais la bagarre tourne mal et Jaibo tue Julian. À partir de cet instant, les destins de Pedro et du Jaibo sont tragiquement unis dans leur misère par un bien lourd secret… Ce long-métrage, malgré le rejet qu’il a provoqué chez une grande partie de la critique et du public mexicain de l’époque, a valu à Buñuel le Prix de la Mise en Scène et le Prix de la Critique Internationale lors du Festival de Cannes de 1951. Los Olvidados est indéniablement l’un de ses plus grands films. Traversé par quelques séquences surréalistes d’une grande beauté, il frappe surtout par son approche quasi-documentaire des bidonvilles mexicains, et plus précisément des « oubliés » que sont les enfants des rues. L’objectif du cinéaste est clair : rendre compte de la misère physique, sociale et humaine des gamins qui peuplent les quartiers pauvres de Mexico, dans un souci d’objectivité exemplaire et forcément pessimiste.
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cycle : l’école, c’est la vie
« Tourner avec des enfants, c’est une grande tentation avant, une assez grande panique pendant (parce que c’est une matière épouvantable qui nous file sans cesse entre les doigts) et une immense satisfaction après. Même quand j’ai le sentiment que tout va à la dérive, il y a toujours quelque chose de sauvé, et en tout cas, c’est toujours l’enfant qui est ce qu’il y a de meilleur sur l’écran ». (François Truffaut) Les films de ce cycle sont consacrés à l’univers de l’enfance et de l’adolescence jusqu’au temps des études : le monde de l’école, aussi complexe hier (Graine de violence) qu’aujourd’hui (Entre les murs), ces enfants qui n’ont jamais eu la chance de s’asseoir sur ses bancs (Los Olvidados), les souvenirs heureux des années d’école (Le Rideau de sucre) ou les premières années à l’université (L’Auberge espagnole), sans oublier les interrogations des enseignants sur leur métier (Une Semaine de vacances, Ça commence aujourd’hui).