vendredi 20 avril 2012
20:30
Projection du film Né en Absurdistan de Houchang Allbyari (Autriche, 1999, 89 mn., vostfr) avec Karl Markovics, Julia Stemberger, Ahmet Ugurlu et Meltem Cumbul.
Une faute lourde de conséquences se produit dans un hôpital viennois : les nouveaux-nés d’un couple autrichien et d’une famille de travailleurs immigrés turcs sont échangés par erreur. Pour compliquer les choses, la famille turque a été expulsée à la suite d’une erreur commise par un fonctionnaire, en l’occurrence le père du bébé autrichien. Lorsque l’échange est découvert, le couple autrichien se met en route pour la Turquie et y ressent pour la première fois ce que cela veut vraiment dire d’être étranger dans un pays inconnu. Houchang Allahyari, réalisateur et psychiatre d’origine iranienne, parvient à dénoncer la suffisance de la bureaucratie autrichienne de manière très divertissante grâce à des piques satiriques et employées avec élégance. L’histoire de ces bébés à la fois semblables et différents est une parabole tragicomique des inégalités que l’on rencontre dans notre monde.
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Cycle : Ici / Ailleurs
Pour ce dernier cycle de l’année universitaire 2011/2012, la Maison Heinrich Heine vous propose un regard croisé sur les relations avec l’autre, avec l’ailleurs – le lieu où l’on n’est pas, avec tout ce qu’il comporte de connaissances nouvelles et d’enseignements. D’une part, on verra des Allemands (et des Autrichiens) qui découvrent ce qui se passe en dehors de leur pays (Road movies à travers l’Europe : Im Juli, en Pologne : Polska Love Serenade, ou encore découverte d’un village turc par une famille autrichienne : Né en Absurdistan). D’autre part, ce sont des étrangers qui arrivent en Allemagne (Marie-moi, une jeune Cubaine débarque à Hambourg) ou ceux qui quittent l’Allemagne après y avoir vécu longtemps (Melek s’en va, une femme turque qui retourne dans son pays). En tout cas, la confrontation des différentes cultures fascine de nombreux cinéastes qui traitent le plus souvent ce sujet délicat avec beaucoup d’humour et d’ironie. Ils sont aussi pleins d’admiration devant les prouesses d’un orchestre symphonique du fin fond de l’Afrique interprétant avec enthousiasme la musique classique allemande (Kinshasa Symphonie). Et, pour finir, c’est le football qui parviendra à réunir tout le monde au-delà des différences (One day in Europe).
Remerciements au Goethe-Institut Lille (Archives du film) et à Interfilm Paris.