table ronde
jeudi 24 septembre 2026
19:30
Depuis une dizaine d’années, les méthodes de la recherche de provenance connaissent en Europe un profond renouvellement, en particulier dans le champ des collections issues de contextes coloniaux. Elles ne se limitent plus à l’établissement de chaînes de propriété, mais cherchent à retracer l’histoire sociale, matérielle et politique des objets : leurs déplacements, leurs changements de statut, les relations humaines dont ils procèdent, ainsi que les conditions de leur entrée dans les collections.
Le lancement, en 2024, du Fonds franco-allemand de recherche sur la provenance des biens culturels d’Afrique subsaharienne, initiative bilatérale unique en Europe, illustre cette nouvelle dynamique scientifique et institutionnelle. La recherche de provenance réinvente aujourd’hui les formes mêmes de l’enquête. Elle ne consiste plus seulement à documenter des trajectoires d’objets, mais à confronter les archives à d’autres régimes de savoir, restituer les voix effacées et faire émerger les acteurs, les gestes, les mémoires et les contextes longtemps relégués hors du récit muséal. Elle suppose ainsi de travailler en consortium, d’associer musées, universités, archives, monde associatif et partenaires des sociétés concernées, et de croiser l’étude matérielle des objets avec les mémoires vivantes, les pratiques immatérielles et les réseaux de circulation.
Les intervenantes et intervenants présenteront les projets interdisciplinaires qu’ils mènent en coopération avec des musées, des universités, des archives, des acteurs du monde associatif et des partenaires issus des sociétés concernées. Il s’agira d’inviter à un déplacement du regard : des objets vers les acteurs, des collections vers les contextes, des archives vers des formes de connaissance partagées.



