vendredi 20 mars 2015
20:30
séance spéciale avec Joseph Morder, invité d’honneur
LA GRAN VIA DE RITA
France, 1996, 47 mn., avec Maria Nadouce
« Rita Jones, née à Berlin, ayant vécu à Madrid. Une vie qui a traversé le XXe siècle et ses tragédies. C’est une évocation du music-hall, du cinéma de jadis. C’est le portrait d’une ville (Madrid) à travers son avenue principale. En surimpression, on peut y voir Berlin : celui des avant-guerres. Ainsi qu’une étrange rêverie sur l’Europe… » (Joseph Morder)
ICH BIN EIN BERLINER
France, 1998, 53 mn., avec Joseph Morder
« Berlin. La ville natale de Rita Jones. Mon histoire, paradoxale, mon rapport à la ville. Il s’agit d’une errance volontaire à travers mes propres archives filmées : on y retrouve les traces d’autres récits. Tous liés à Berlin, à mon amour, à ma fascination pour cette ville. Caméra au poing, depuis mon premier voyage, j’aime à chaque fois plonger dans son mystère… » (Joseph Morder)
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Cycle : « Berlin [is in Germany] »
janvier-mars 2015
Berlin est une ville-symbole. Elle a traversé le XXème siècle, subissant tous ses traumatismes, et condense en elle toute l’histoire de l’Europe. C’est une ville unique par rapport au reste de l’Allemagne : elle est sa capitale tout en lui étant étrangère. Ses multiples visages évoquent un terrain de jeux en métamorphose perpétuelle. Nous avons choisi pour ce programme des films qui incarnent l’extrême diversité de la métropole tout en suivant le fil d’une Histoire chaque fois racontée d’une manière différente. Tout d’abord, Berlin ville abstraite, toile de fond d’une série de meurtres (M le Maudit, de Fritz Lang), où l’anonymat dissimule l’identité d’un intrus… Qui pourrait être Franz Biberkopf (Berlin Alexanderplatz, de Rainer Werner Fassbinder) lorsqu’il sort de prison et se retrouve dans le Berlin des années vingt. Les Hommes le Dimanche, de Robert Siodmak, est une oeuvre profondément optimiste, quoiqu’elle se situe juste avant l’accession au pouvoir des nazis. Avec Lili Marleen, Fassbinder nous fait découvrir Berlin pendant la guerre, repère de nuit et d’orgies au milieu de la dictature où une femme, par sa voix, enchantera des légions entières de soldats. Sonnenallee, de Leander Haussmann, est un film « ostalgique » (nostalgie de l’Est), ravivant à l’aube du XXIème siècle la fascination pour les années d’avant la chute du Mur. Die allseitig reduzierte Persönlichkeit, film situé lui aussi dans Berlin-Est, mais contemporain de l’époque, dresse un portrait moins utopique de la ville sous la caméra attentive de Helke Sander. La transition entre une Allemagne divisée et contemporaine sera portée par Goodbye Lenin !, qui révèle la difficulté pour les Berlinois de traverser en quelques jours la frontière les séparant. Enfin, Nachtgestalten, d’Andreas Dresen, circule dans un Berlin nocturne aux multiples facettes, et Berlin is in Germany, de Hannes Stöhr, incarne la perte de repères que peut entraîner une visite dans cette ville-monde aujourd’hui, qui semble si souvent renaître de ses cendres. Au sein de ce programme, nous avons le plaisir et l’honneur d’accueillir Joseph Morder, cinéaste français amoureux de Berlin qui a connu les nombreuses métamorphoses de la ville depuis 1968. Joseph Morder présentera ses films, agencés dans un ordre précis dont il a lui-même décidé, et qui retracent, à travers des parallèles avec d’autres villes européennes (Rome, Paris, Madrid…) une passion renouvelée pour la métropole allemande, vers laquelle il ne cesse inlassablement de revenir. (Benjamin Hameury et Tilman Schreiber)
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Remerciements au Goethe Institut de Lille (archive de films)