vendredi 21 novembre 2014
20:30
Projection du film Land of Plenty de Wim Wenders (É.-U., 2004, 118 mn., vostfr).
Dans le Los Angeles des laissés-pour-compte, deux oubliés de l’Amérique se retrouvent dans une même quête de vérité. Depuis les événements du 11 septembre 2001 qui ont fait ressurgir les fantômes du passé, Paul, vétéran du Vietnam, est convaincu que l’Amérique est en état de guerre. En défenseur acharné de son pays, il sillonne désormais les rues de la ville à bord d’une camionnette équipée de micros et de caméras qu’il braque sur tout individu qui lui semble suspect. Lana, sa nièce, est une jeune femme profondément chrétienne et idéaliste. Après plusieurs années passées en Afrique et au Moyen-Orient, elle rentre aux Etats-Unis pour s’engager dans une mission catholique qui vient en aide aux sans-abris. Leur vision du monde est radicalement opposée, mais le meurtre d’un sans-abri pakistanais va les pousser à se rapprocher l’un de l’autre.
Wim Wenders dresse un portrait lucide de l’Amérique de l’après-11 septembre : une Amérique meurtrie, malade de sa névrose sécuritaire, intoxiquée par un patriotisme dévoyé. Un film à la fois cri d’alarme et message d’espoir, où l’on retrouve le style magistral du réalisateur de Paris, Texas et des Ailes du désir.
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Pour inaugurer le nouveau projecteur et le nouvel écran que nous avons pu financer grâce à l’aide du DAAD, le ciné-club programme cet automne six films de Wim Wenders, l’un des représentants les plus connus du Nouveau cinéma allemand qui a émergé au milieu des années 60 et s’est imposé progressivement à l’étranger, avec des classiques comme Paris Texas (1984) et Les Ailes du désir ainsi que quelques films moins connus, tels The End of Violence (1997) et Land of Plenty (2004).
Son œuvre, moins politique que celle de beaucoup de ses homologues, a une forte composante poétique, un fait dont témoigne aussi sa longue collaboration avec l’écrivain et scénariste Peter Handke. Bien que les films de Wenders abordent des sujets très divers, on retrouve à travers toute son œuvre de fiction et documentaire, tel un fil rouge, la représentation de l’espace urbain et rural, l’architecture ainsi que le mouvement dans l’espace et le voyage. Ainsi, le road movie est l’un des genres les plus importants pour Wenders. Son film de diplôme à la Hochschule für Film und Fernsehen de Munich, Summer in the City (1970), évoque dès le titre le thème de la ville, tout comme Alice dans les villes (1974). Tourné sur la côte est des Etats-Unis, à New York, à Amsterdam, à Wuppertal et dans la région de la Ruhr, ce film démontre pour la première fois la perspective globale de Wenders. Treize ans plus tard, les villes restent au centre de l’intérêt de Wenders : dans Les Ailes du désir (1987), il rend hommage à la ville de Berlin et à ses habitants. Il n’est pas étonnant qu’il s’oriente aujourd’hui vers le cinéma en 3D, une technologie qui constitue une autre façon de représenter l’espace au cinéma. Ainsi a-t-il tourné le meilleur film en relief à ce jour, le film de danse Pina (2011), moitié documentaire, moitié film d’hommage à la chorégraphe Pina Pausch, décédée en 2009. Wim Wenders qui travaille non seulement en tant que cinéaste mais aussi en tant qu’auteur et photographe recevra l’Ours d’or d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, à la prochaine édition du Festival international du film de Berlin.
Par ailleurs, comme les années précédentes, nous vous proposons un film muet de l’époque de la République de Weimar. Cet automne, où nous célébrons le 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin (1989), nous rendons hommage à cette ville avec le chef-d’œuvre de Walther Ruttmann Berlin, symphonie d’une grande ville, accompagné au piano par Jorge Garcia Herranz.
Remerciements à Interfilm Paris et à Alexander Graeff