vendredi 17 mai 2013
20:30
Projection du film 400 coups de François Truffaut (France, 1959, 93 mn.).
Largement autobiographique, le film raconte l’enfance difficile d’Antoine Doinel (interprété par Jean-Pierre Léaud), un écolier parisien de treize ans, rêveur et turbulent. Son père adoptif est un brave homme que son épouse trompe ouvertement. Le garçon, en manque d’affection, sèche les cours en compagnie de son copain René. Un jour, pour justifier son absence, il prétexte que sa mère est morte. La supercherie découverte, c’est l’engrenage de l’illégalité. Il fait deux fugues, vole, est envoyé dans un centre de redressement, s’en évade et court jusqu’à la mer. La spirale dans laquelle le jeune Antoine s’enfonce est décrite avec sensibilité, tendresse et sincérité, mais aussi avec fermeté. Elle est rendue d’autant plus touchante que le film montre parallèlement la constante bonne volonté maladroite du héros. Mais à la différence du film, où Antoine se retrouve à la fin seul sur la plage, le jeune Truffaut avait entre-temps fondé un ciné-club et s’était fait connaître du milieu cinéphile, en particulier d’André Bazin, un critique de cinéma, qui voit en lui un fort potentiel. Ce dernier décide alors de le prendre sous son aile et permet à son poulain d’intégrer la rédaction des Cahiers du cinéma. Le film remporte le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année et devient un succès, ouvrant la porte au mouvement de la Nouvelle Vague et à sa carrière mondiale. Avec 3,6 millions d’entrées, le film est aussi un immense succès public.
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cycle : l’école, c’est la vie
« Tourner avec des enfants, c’est une grande tentation avant, une assez grande panique pendant (parce que c’est une matière épouvantable qui nous file sans cesse entre les doigts) et une immense satisfaction après. Même quand j’ai le sentiment que tout va à la dérive, il y a toujours quelque chose de sauvé, et en tout cas, c’est toujours l’enfant qui est ce qu’il y a de meilleur sur l’écran ». (François Truffaut) Les films de ce cycle sont consacrés à l’univers de l’enfance et de l’adolescence jusqu’au temps des études : le monde de l’école, aussi complexe hier (Graine de violence) qu’aujourd’hui (Entre les murs), ces enfants qui n’ont jamais eu la chance de s’asseoir sur ses bancs (Los Olvidados), les souvenirs heureux des années d’école (Le Rideau de sucre) ou les premières années à l’université (L’Auberge espagnole), sans oublier les interrogations des enseignants sur leur métier (Une Semaine de vacances, Ça commence aujourd’hui).