vendredi 12 avril 2013
20:30
Projection du film Rideau de sucre de Camila Guzman Urzúa Chili (France, 2006, 80 mn. vostfr).
Camila Guzman était âgée de 2 ans lorsqu’elle est arrivée à Cuba. Ses parents avaient fui le Chili après le coup d’Etat du 11 septembre 1973. Devenue cinéaste et à nouveau exilée (elle a quitté Cuba en 1990 pour l’Europe), Camila Guzman est retournée à Cuba en 2003, elle y a retrouvé ses camarades de classe et filmé les lieux de son enfance. Son film est le portrait d’une génération qui revendique le bonheur, des valeurs solides comme la justice, l’égalité, la tolérance, l’honnêteté. L’époque est celle des « années dorées » de la révolution (entre 1970 et 1980), de « l’homme nouveau », des « bâtisseurs de l’avenir », avec le Che en toile de fond. Pour son pèlerinage, Camila Guzman a adopté de nouveau son regard d’enfant. L’analyse historique établit sans aucun doute que cette société idéale n’a jamais existé, mais Le Rideau de sucre n’est pas un film politique. Elle y pratique très délibérément la naïveté, tandis que sa dévotion au Cuba d’antan souligne encore plus cruellement le délitement de l’île et du peuple qui l’habite. Mais c’est moins la misère matérielle des Cubains d’aujourd’hui que met en scène la cinéaste que leur déchirement affectif : chaque famille est divisée par l’exil, les rangs des anciens élèves s’éclaircissent chaque année au rythme des départs pour les Etats-Unis ou l’Europe. C’est cette tonalité doucement désespérée qui est exprimée avec force.
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cycle : l’école, c’est la vie
« Tourner avec des enfants, c’est une grande tentation avant, une assez grande panique pendant (parce que c’est une matière épouvantable qui nous file sans cesse entre les doigts) et une immense satisfaction après. Même quand j’ai le sentiment que tout va à la dérive, il y a toujours quelque chose de sauvé, et en tout cas, c’est toujours l’enfant qui est ce qu’il y a de meilleur sur l’écran ». (François Truffaut) Les films de ce cycle sont consacrés à l’univers de l’enfance et de l’adolescence jusqu’au temps des études : le monde de l’école, aussi complexe hier (Graine de violence) qu’aujourd’hui (Entre les murs), ces enfants qui n’ont jamais eu la chance de s’asseoir sur ses bancs (Los Olvidados), les souvenirs heureux des années d’école (Le Rideau de sucre) ou les premières années à l’université (L’Auberge espagnole), sans oublier les interrogations des enseignants sur leur métier (Une Semaine de vacances, Ça commence aujourd’hui).