vendredi 26 octobre 2012
20:30
Projection du film Special Premiere de Billy Wilder (É.-U., 1974, 150 mn. vostfr).
La salle de presse du tribunal est en émoi : Earl Williams, le meurtrier d’un policier, doit être exécuté le matin même. Mais alors que chacun est sur le qui-vive, tâchant qui d’obtenir une interview exclusive, qui d’élaborer un stratagème pour couvrir l’exécution avant la limite d’impression, Walter Burns, rédacteur en chef du Chicago Examiner, reçoit la démission de son journaliste vedette, Hildy Johnson, sur le point de se marier. L’idée est inacceptable pour Burns, qui va essayer de convaincre Hildy de couvrir l’événement, d’autant qu’après l’évasion de Williams, il semble être l’homme de la situation. Wilder (lui-même journaliste lorsqu’il vivait à Vienne, sa ville natale) donne une image peu glorieuse de la profession, en dépeignant les journalistes comme des véritables vautours prêts à tous les outrages et trahisons pour un scoop.
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Cycle : le journalisme à l’écran
Enquêteur traquant la vérité ou témoin de l’actualité, le journaliste a vu son rôle évoluer dans nos sociétés développées, notamment en raison de l’importance économique et politique des médias de masse. Tout comme la littérature (Les Illusions perdues, Balzac), ou la bande dessinée (Tintin), le cinéma a trouvé son inspiration dans ce métier. A l’écran aussi, le journaliste incarne un héros dénonçant les basses manœuvres des puissants et s’érige souvent en détenteur de la vérité. Dans les premiers films muets – Méliès met en scène une bagarre de journalistes dans son Affaire Dreyfus (1899) – les réalisateurs sont fascinés par ce métier proche du leur : « Le cinéma et le journalisme ont en commun de raconter des histoires qui donnent de l’intelligibilité et du sens au monde qui nous entoure. Ils nous donnent accès à des espaces dans lesquels la nécessaire limitation de l’expérience de chacun nous empêcherait de pénétrer » (Sonia Dayan-Herzbrun, Le Journalisme au cinéma, Seuil 2010). Le cycle se poursuivra au second semestre (janvier-mars 2013).
Remerciements à Interfilm Paris